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Des effractions digitales jusque dans les applications pour enfants ?

Avec un grand nombre de données que nous enregistrons et produisons à travers lui, le smartphone est aujourd’hui devenu une porte d’entrée royale pour les effractions digitales. Pourtant, des lois existent pour limiter ce phénomène, mais elles ne sont pas toujours respectées.

Un enfant utilisant une tablette tactile, donc soumis aux effractions digitales

La loi protégeant des effractions digitales n’est pas respectée

C’est le constat qu’on fait sept chercheurs en science de l’informatique canadiens et américains : dans une étude publiée en avril, ils montrent que des milliers d’applications Android destinées aux enfants partagent des données illégalement. En théorie, ce type d’application devrait respecter la loi de protection de la vie privée des mineurs de moins de 13 ans (la Children’s Online Privacy Protection Act ou COPPA). Sauf que 57% des 5855 applications étudiées ne respectent pas cette loi, qui protège des effractions digitales.

L’analyse de ces pratiques illégales est édifiante : 4,8% des applications partagent la géolocalisation ou les coordonnées sans l’accord de l’enfant ou de ses parents ; 18,8% partagent les identifiants permanents (comme le code IMEI) à des entreprises tierces dans un pub de ciblage publicitaire ; 40% n’utilisent jamais le protocole de sécurisation "standard" (Transport Layer Security) pour l’envoi des données. En somme, des effractions digitales à grande échelle, sans que l’utilisateur soit au courant.

Même les Minions contribuent aux effractions digitales

Le pire, c’est que les applications étudiées par les chercheurs nord-américains ont toutes le label "adapté aux familles" sur le Play Store, le magasin d’applications d’Android. Or les applications ayant ce label sont notamment censées se "conformer à la loi COPPA". Par le biais d’un communiqué transmis au Washington Post, Google a annoncé "prendre l’annonce des chercheurs très au sérieux", et être prêt à prendre des mesures.

De leur côté, les éditeurs de ces applications, comme Disney et Gameloft, ont rappelé à quel point la protection de la vie privée des enfants est importante pour eux. Mais le mal est fait : des applications massivement téléchargées comme les Minions ou Mais où est Swampy ? (Where’s my water? en version anglaise) contribuent aux effractions digitales, en dépit de la loi.

Matthieu Sirvent